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a vocation a saisi Hans Silvester dès l’enfance. Né en 1938 en Allemagne, il fait ses gammes à quatorze ans dans l’atelier d’un photographe et obtient son diplôme trois ans plus tard. Il prend la route à travers l’Europe. En 1960, CAMARGUE est publié avec un texte de Jean Giono. La Provence devient son port d’attache, il s’y installe en 1962.

 

Les voyages se succèdent, reportages au long cours, patience et passion : à travers ses publications dans la presse, ses dizaines d’expositions et une cinquantaine de livres, Hans Silvester, membre de l’agence Rapho depuis 1965, s’affirme comme un ardent défenseur de l’écologie (CALAVON, la rivière assassinée ), un photographe animalier hors pair (LES CHATS DU SOLEIL ) ou un témoin capital de traditions vouées à disparaître (LES PEUPLES de l’OMO).

La nature est sa seconde nature. On peut voir en lui le premier militant écologiste à s’être emparé de l’outil photographique comme d’une arme de persuasion. Mais son œuvre est également une approche sociologique et patrimoniale, qu’il chronique pendant trente ans l’évolution des habitants d’un village basque ou saisisse les derniers rites des peuples primitifs en Éthiopie.

Amoureux de la terre, il l’est aussi des êtres qui la peuplent, y compris des animaux. Ses photos de chevaux ou de chats – un immense succès en librairie – en témoignent. Son œuvre est un tout qui nous dit la beauté du monde et témoigne d’une grande indépendance : Hans Silvester ne cherche jamais l’effet, il choisit ses sujets et se laisse porter par la chance, bonne fée dévouée à ceux qui, persévérants,la sollicitent.

Ses images, choisies parmi des milliers, dessinent l’aventure d’un homme et de la création photographique.

- Biographie de Joëlle Ody -

Tableaux éphémères

« Au sud de l’Éthiopie, dans la vallée de l’Omo vit la tribu des SURMA . Ce sont des éleveurs de vaches et ils sont semi – nomades. Ils sont artistes nés; leur peintures corporelles me passionnent depuis plus de quinze ans.

Avant de se peindre, ils se mouillent le corps. Ainsi les poudres colorées adhèrent mieux. Leurs œuvres ne sont pas faites pour durer mais pour offrir quelques instants de beauté et d’inventivité. La nature même du support, la peau, souple, élastique, qui bouge et se plisse, en menace très vite l’intégralité. Sans colle, sans liant, les couleurs ne tiennent pas. Elles sèchent très vite, se craquellent s‘effritent et tombent. Le tableau vivant ne vit que le temps d’être vu par les proches, les copains. Et moi. Je suis devenu le mémorialiste d’un jeu créatif qui, sans doute, n’a guère changé depuis l’aube de l’humanité. A peine achevés, les dessins disparaissent. Le peintre – qui est aussi sa propre peinture – plonge dans la rivière pour en enlever les dernières traces et pouvoir commencer une autre création. De tous ces trésors, le souvenir lui-même s’efface : pas question de reprendre les mêmes couleurs, les mêmes motifs, le bonheur est dans l’invention. Ne restent que les photos où l’art éphémère, serti dans un cadre serré, déploie sa singularité.

Je mets de l’acharnement à enrichir ma collection, car je sais cette tradition en sursis. Il fut un temps où les peuples de la vallée de l’Omo se peignaient le corps. L’avancée du monde moderne, le tourisme, ont conduit les tribus premières touchées à abandonner la spontanéité, la pureté de leur art. J’assiste aux derniers flamboiements de créativité.»

- Hans Silveste

 

Exposition Esplanade de l’Hôtel de Ville

du 4 au 19 septembre 2021

 

Quelques photographies exposées

 

www.retourdevoyage.com

 

Les Photographes Invités

Didier JALLAIS

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Nicolas ORILLARD-DEMAIRE

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Michel LAGARDE

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Julie PONCET

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Hans SILVESTER

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41ème Quinzaine Photographique de Cholet
du 4 AU 30 SEPTEMBRE 2021

Salle des expositions de l'Hôtel de Ville de Cholet - Place Travot - Musée des Arts et d'Histoire
du dimanche au vendredi 14h00-18h00 - Le samedi 10h00-12h00 et 14h00-18h00
- Entrée libre -